vendredi 8 octobre 2010

Quand Villepin donne l'exemple aux socialistes

Dans son édition du 26 septembre dernier, Le Monde a publié cette brève:
«Cinq députés villepinistes, parmi lesquels François Goulard (UMP, Morbihan), ont annoncé le dépôt d'une proposition de loi visant à empêcher Serge Dassault, propriétaire du Figaro, d'acheter Le Parisien. Ils souhaitent modifier la loi anticoncentration de 1986, qui interdit à un groupe de posséder plus de 30 % de la diffusion de la presse quotidienne, afin qu'elle prenne en compte le cas des journaux qui sont à la fois régionaux et nationaux, comme Le Parisien-Aujourd'hui en France.»

Gesticulations à droite? Peut-être. Il n'empêche: ça serait croquignolesque de devoir dire merci à la droite, merci de faire ce que le PS se refuse à aborder!

Les deux ou trois habitués de ce blog n'ont, je suppose, pas besoin qu'on leur rappelle le silencieux big bang qui est en train de métamorphoser la presse française. Un groupe bancaire, d'inspiration mutualiste – mais que reste-t-il aujourd'hui de cette inspiration? –, a acquis ou va acquérir le capital de la totalité des entreprises de presse d'un territoire qui regroupe les régions Rhône-Alpes, Bourgogne, Franche-Comté, Alsace et Lorraine. Le groupe ainsi constitué, avec ses journaux, ses sites web, ses télés, sera plus important encore que le groupe Ouest-France.

Les banquiers, qui n'ont jamais justifié leur offensive sur la presse qu'au moyen d'arguments dérisoires (il s'agit, disent-il sans rire, d'éviter que ces titres ne se retrouvent entre des mains étrangères!), ont déjà largement introduit dans la gestion de ces journaux leurs propres méthodes de «management», en rappelant à longueur de réunions des comités d'entreprise qu'ils n'y voient que «des entreprises comme les autres». Sur le socle d'outils informatiques hypercentralisés, ils regroupent les moyens de production. Et déjà, ils commencent à mettre en commun le travail des différentes rédactions.

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie? Tout simplement, que d'ici à l'élection présidentielle de 2012, on risque de voir la politique éditoriale de l'ensemble de ces titres tellement mutualisée que les lecteurs de Grenoble et ceux de Strasbourg se verront proposer les mêmes éditoriaux, les mêmes grands reportages, les mêmes interviewes politiques... Et, s'il faut enfoncer le clou, rappelons que le nouveau président du groupe bancaire en question est considéré comme, sinon un proche, du moins un sympathisant affirmé du président Sarkozy.

Mise à part l'Alsace, toutes les régions concernées par cette offensive de la pensée unique sont dirigées par la gauche. On pourrait donc s'attendre à ce que les grands élus rhodaniens, bourguignons, lorrains, etc., montent sur leurs grands chevaux et, reprenant la bonne idée que les villepinistes viennent de sortir pour la presse parisienne, réclament qu'on mette le holà à cette concentration sans précédent de la presse régionale.

Eh bien, non! Un seul sénateur socialiste, pour l'instant, est monté au créneau. Il s'agit de David Assouline, élu à Paris, et non comme on aurait pu l'espérer d'un sénateur ou d'un député des territoires concernés. Et ce brave sénateur de Paris n'a obtenu aucune réponse du ministre de la Communication, Frédéric Mitterrand, qui ne lui a parlé que du journal Le Monde.

Pourquoi ce lourd silence des élus régionaux? On n'ose croire qu'il se sont déjà soumis au lobby bancaire, au nom de l'intérêt supérieur des assemblées qu'ils président. En clair, ces maires, ces députés, ces sénateurs qui se disent de gauche crèveraient de trouille à l'idée que les journaux régionaux ne les snobent encore plus, tout en se voyant privés d'un certain nombre de crédits. On n'ose le croire, et pourtant... Quelle autre explication?

mardi 5 octobre 2010

Huelga general

Il était bien sympa, le défilé de samedi matin, même si nous étions moins nombreux que je l'espérais. On y a retrouvé plein de gens qu'on ne voit pas trop d'habitude dans les manifs; ça tournait en somme au grand couarail... Une formule à creuser, peut-être? Et on pourrait s'inspirer de la grève à la mode madrilène, telle qu'elle vous est contée par une jeune et talentueuse Messine dans ce blog. Chiche?

dimanche 26 septembre 2010

«Si La Presse n'existait pas...»

En cherchant tout autre chose, je viens de tomber sur le clip ci-dessous, publié à la fin de l'année dernière quand le quotidien québécois La Presse se portait mal. D'accord, Joe Dassin, c'est un peu ringard. Mais enfin, je trouve ça drôle quand même, et pas vraiment stupide.

jeudi 16 septembre 2010

Sans importance

On appelle ça un anagramme. Si l'on mélange les lettres du nom Morano, on obtient: Romano. Et alors? Alors, rien.

mardi 7 septembre 2010

«Entre 500 et 10 000 manifestants...»


Des milliers de parapluies ont défilé cet aprés-midi à Metz, abritant deux à trois fois plus de manifestants qui ne voulaient pas entendre parler de la retraite à 62-67 ans. Quelque chose me dit qu'il faudra encore descendre dans la rue d'ici à la fin de l'année. Mais en attendant, qu'il me soit permis de faire une observation d'ordre professionnel.

Pourquoi ne sait-on jamais quelle est la fréquentation exacte des manifs? Les journalistes rapportent d'une part l'estimation de la police, souvent après validation par la préfecture, et d'autre part celle des syndicats. Ce qui nous donne des écarts du simple au double, voire du simple au triple.

C'est ridicule. Et je pense que les journalistes, dans cet exercice, ne font pas leur boulot. Il revient au journaliste, en dernier ressort, de dire: «La vérité était plus proche de l'estimation de la police» ou, au contraire, «La vérité était plus proche de l'estimation des syndicats». Parce que le journaliste est sur place, et qu'il doit être capable de se faire une opinion sans parti-pris ni visée stratégique.

Faire ce travail de témoin est possible. Il suffit de le vouloir, donc de ne pas céder à la tentation de Salomon. Et aussi, bien sûr, de s'en donner les moyens: sur une grosse manif, il faut être plusieurs – et c'est encore mieux lorsqu'on fait équipe avec un confrère/une consœur d'une autre rédaction –, mettre au point une petite technique simple de comptage... et être prêt à ignorer la pointe d'agacement qu'on rencontrera le lendemain chez les interlocuteurs, policiers ou syndicalistes. Au final, on y gagne du respect, et on a fait son travail pour le lecteur.

Soyons positifs, manifestons pour la retraite à 80 piges


L'AFP nous a appris hier que le président d'une grande banque française, âgé de 69 ans, a annoncé sa démission. Il souhaite que son poste soit repris par l'actuel directeur général de l'entreprise, qui accuse, lui, 71 printemps, et dont un site italien nous rappelle qu'il aurait dû être en retraite à la fin de 2011.

Voilà une excellente nouvelle. A la veille de la grande manif contre la retraite à 62 ans, ce septuagénaire donne l'exemple de ce qu'il faut faire pour redynamiser le pays: place aux vieux! Et puis, cela va donner un coup de fouet aux entreprises contrôlées par cette banque, où sévissait ces derniers temps un inquiétant jeunisme.

La gérontocratie, voilà l'avenir! Du coup, je n'ai plus envie d'aller dans la rue cet après-midi. J'aurais l'impression d'être ringard...

samedi 4 septembre 2010

Jules Roy, Vézelay, Bichelberger, etc.

Voilà, tout le monde ou presque est rentré de vacances; on va donc bientôt pouvoir reprendre les sujets qui fâchent. En attendant, puisqu'il fait beau aujourd'hui et que nous avons encore l'esprit léger, un dernier petit souvenir d'été... Un été qui nous a conduits jusqu'à Vezelay, au cœur de la Bourgogne. Vézelay, sa basilique, ses moines et moniales dont le chœur vous emmène très haut par-delà les vignes, et ses maisons d'écrivains.

Celle que nous avons visitée, c'est la demeure de Jules Roy. On y a conservé intact son bureau. A sa gauche, Jules Roy avait fait disposer un présentoir réunissant, à portée de main, les douze ou quinze volumes, je ne sais plus, du Grand Larousse. Belle leçon d'humilité dont devraient s'inspirer tous ceux qui prétendent plus ou moins écrire...

Et puis, les conservateurs ont laissé à la disposition des visiteurs un recueil d'articles de presse consacrés au maître des lieux. Là, une surprise: le registre est ouvert juste sur la copie d'un papier extrait du journal qui me fait l'honneur de m'employer, et signé par l'excellent Roger Bichelberger - dont j'ai injustement médit dans un précédent billet,  ce dont je me repends.

Ceci n'est qu'une anecdote, mais elle maintient ma bonne humeur!

A part cela, nous sommes allés cet après-midi à la manif de la Ligue des Droits de l'Homme pour dire à Sarkozy et Hortefeux qu'il est temps d'arrêter de jouer avec le feu. Il y avait là Monsieur le Maire, une flopée d'élus (de gauche et même du centre droit, si je puis ainsi désigner le Modem) et un tas de braves gens, au bon sens du terme. Nous nous sommes donné rendez-vous pour mardi, à la grande manif contre la retraite à 62 ans (14h30, place de la Gare à Metz, entre autres). Vous viendrez, bien sûr?