A l'appel d'une large intersyndicale (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, SNJ), un mouvement de grève national est annoncé pour ce vendredi 18 février dans l'ensemble de la presse quotidienne régionale. Réponses à quelques questions entendues ces jours-ci de la part de mes collègues.
C’est quoi, cette grève ?
Un mouvement national, déclenché par l’ensemble des syndicats de la presse quotidienne régionale, avec l’ambition de provoquer le plus possible de non-parutions de journaux régionaux samedi. L’intersyndicale négocie depuis des semaines avec le syndicat patronal de la presse quotidienne régionale, le SPQR, pour un accord salarial plus que modeste : il ne s’agit que d’obtenir des augmentations salariales équivalentes à l’inflation. Le SPQR ferme toutes les portes… Après plusieurs tentatives de renouer le contact, l’intersyndicale n’a plus que le moyen d’une grève nationale pour se faire entendre.
Au Républicain Lorrain, on n’est pas trop concerné.
Faux ! Le RL, comme tous les autres journaux dépendant du Crédit Mutuel, est toujours tenu d’appliquer au moins les accords de branche signés par le SPQR.
Oui, mais on n’est pas si mal payés…
Primo, tout le monde n’est pas à la même enseigne dans l’entreprise. Il n’y a pas eu de révision significative et collective des salaires depuis l’arrivée de la nouvelle direction, et la plupart des salariés embauchés depuis quatre ou cinq ans (voire plus ?) stagnent au bas de l’échelle. Deuxio, la négociation actuelle engage l’avenir : si les syndicats n’arrivent pas à imposer un seuil décent, le précédent sera reconduit dans les années à venir.
Je ferais bien la grève, mais j’ai peur d’être tout seul (dans mon équipe, dans mon agence), et donc d’être mal vu-e-.
Si tout le monde attend que les autres se décident, évidemment, on n’avancera jamais. Si je suis tout seul, je peux toujours discuter avec mes collègues pour qu’ils me rejoignent… En tout cas, tout le monde a le droit de se mettre en grève, sans risquer de sanction. Si un supérieur hiérarchique tente de faire pression pour que vous ne vous mettiez pas en grève, n’hésitez pas à prévenir un représentant syndical.
J’aime mon entreprise, et ça m’embête de lui causer du tort.
Moi aussi ! Ce n’est jamais de gaité de cœur qu’on se met en grève. Mais un petit mal peut entraîner un grand bien : en rappelant que les salariés ont la capacité de s’exprimer, on prépare l’avenir. Il faut savoir que le dialogue social au RL s’est fortement dégradé, et il est donc dans l’intérêt de tous de montrer que nous sommes encore capables de nous mobiliser.
Je suis journaliste ou employé-e- ; si les rotativistes bloquent la machine, il n’y aura pas de parution et ce n’est donc pas la peine que je fasse grève.
C’est le plus mauvais des raisonnements ! Sauf si ça ne vous gêne pas que ce soient toujours les autres qui fassent le boulot pour vous. Question d’amour-propre !
Merci Bernard, tu m’as convaincu-e-. Que dois-je faire ?
Formellement, rien, juste rester à la maison ou aller à la pêche ce vendredi. Mais comme on n’est pas des sauvages, il est correct d’avertir son supérieur hiérarchique, ne serait-ce que par un coup de fil ou un mail…