jeudi 11 août 2011

Une vieille affaire avec Kiffer


En mai 1996, sur France 3 Lorraine, mon confrère Marcel Gay, de L’Est Républicain, et moi-même avions affronté pour un « Face à la presse » Jean Kiffer, alors député-maire d'Amnéville, en Moselle. A la suite de quoi Kiffer avait publié dans son journal municipal un texte particulièrement injurieux à notre égard et, à travers ma modeste personne, à l'égard de l'ensemble de la rédaction du journal qui m’employait et qui m’emploie encore. Sous l'impulsion de Jean Marziou, chef du service des informations générales, 104 confrères avaient aussitôt signé une pétition; et surtout, nous avions monté une action judiciaire assez originale: d'une part, avec le soutien de la CFDT, je portai plainte pour injures publiques; d'autre part, dix-neuf journalistes de la rédaction, soutenus par la CFDT, le SNJ et Force ouvrière, accusèrent Kiffer de diffamation. L'affaire fut gagnée en première instance, en appel et en Cassation (car l’accusé n’avait pas l’habitude de lâcher prise facilement), et Kiffer fut condamné à 23 000 francs d'amende et 10 019 (!) francs de dommages et intérêts...

Je ne raconte cela que parce que Kiffer, toujours maire d’Amnéville, est mort la nuit dernière. Paix à son âme. Mais comme cette anecdote ne figurera sans doute pas dans les panégyriques qui vont se succéder, je ne pouvais pas en priver le Couarail !

2 commentaires:

  1. Les temps ont bien changé Bernard : aujourd'hui, les journalistes deviennent les thuriféraires de celui qui leur a craché à la gueule pendant des lustres. Certes la mort efface beaucoup de choses, mais je pensais naïvement qu'avoir dans son portefeuille une carte de presse préservait de l'hagiographie du pire type stalinien. A lire certains de tes collègues de ton journal, Jean Kiffer est le fils spirituel du dalaï-lama et, au panthéon des grands hommes, se place juste entre Ghandi et Jésus Christ...
    Tes confrères dans leurs papiers que je n'ose qualifier d'articles, oublient bien vite les deux policiers municipaux, poussés à la dépression et divorcé pour l'un d'eux, par quatre licenciements suite à trois réintégration judiciaires car ils avaient témoigné de faits contre le "bon docteur" comme leur serment d'auxiliaire de police les y contraignait, ils ignorent l'affaire des maîtres nageurs de la villa Pompéï et de Thermapolis, les Cavaliers Verts licenciés comme des mal-propres et je te passe la cohorte des collaborateurs jetés presque du jour au lendemain.
    Alors oui, certes Kiffer était un bâtisseur génial, mais humainement il était infréquentable si on ne courbait pas l'échine. Alors sans même aller jusqu'à la critique que seul le sénateur Todeschini a osé formuler au milieu d'un concert de louanges politiques toutes plus gluantes les unes que les autres, tes confrères pourraient au moins se retenir un peu. Le journal sentirait moins mauvais.

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  2. KIFFER en a fait bien plus que cela...............
    j'ai passé ma jeunesse à Amnéville

    intéressant à lire, merci

    je suis aussi à l a CFDT Sidé bien sur lol

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